lien avec nos frères de Fleury

Pourquoi être proche d’une abbaye de bénédictins ?

Cela n’a rien d’obligatoire, ni d’absolument nécessaire à notre vie monastique mais c’est un don très précieux qui manifeste pour nous la surabondance de l’amour divin et que nous souhaitons cultiver avec bonheur !

C’est vrai qu’en 1993 lorsque nous avons décidé de déménager de la banlieue d’Orléans à Bouzy-la-forêt, une des raisons invoquées était de se rapprocher de l’abbaye de Fleury avec qui nous avions déjà des liens fraternels très appréciés. Nous souhaitions simplement les approfondir parce qu’ils apparaissaient bienfaisants pour nos deux communautés mais aussi parlants pour notre monde contemporain.

Nous aimons, en effet, nous retrouver deux ou trois par an pour chanter ensemble la louange de Dieu lors de liturgies communes : le 10 février pour la Sainte Scholastique, le 11 juillet pour la saint Benoît, le 5 août au soir pour les vigiles œcuméniques de la Transfiguration. C’est une joie d’unir nos voix pour la prière et l’action de grâce mais aussi de passer une journée ensemble de fête et de rencontre. Nous avons aussi d’autres occasions de nous voir lors d’une session, d’une conférence de Père Abbé au monastère, lors d’un coup de main des frères du noviciat au jardin de Bouzy-la-forêt…

Ces rencontres brèves ou plus profondes ont tissé au long des années des relations de confiance et d’estime mutuelle, de respect et d’encouragement à vivre toujours mieux notre vocation de moine à l’école de saint Benoît. Nous sommes très reconnaissantes à nos frères d’être là, à nos côtés, toujours prêts à nous aider, dans une grande discrétion.

Il me semble aussi que nos deux monastères peuvent donner un témoignage de la complémentarité homme/femme en vivant assez proches sans l’être trop. Nous savons vivre entre hommes seulement, entre femmes seulement et c’est possible aujourd’hui dans notre monde où tout est mixte et parfois confus. Mais nous savons aussi avoir des relations équilibrées et saines entre frères et sœurs, sans peur ni familiarité ; cela demande de cultiver intériorité et maturité pour que ces relations deviennent un véritable échange de dons, pour qu’elles nous permettent d’avancer toujours plus dans notre quête du Christ.